• L'entrepreneuriat social, une nécessité ?

Avant toute chose, je vous propose de nous interroger sur la signification sociologique de l’engouement pour l’entrepreneuriat social, comme pour le commerce équitable, ou encore le développement durable.

Est-ce l’indignation devant des inégalités criantes qui a réveillé la fibre sociale chez les entrepreneurs, comme chez les consommateurs ? Est-ce l’impuissance de l’Etat qui conduit la société civile à prendre les choses en main ? Est-ce le signe d’un essoufflement du capitalisme traditionnel ?

Quelle qu’en soit la cause, nous observons aujourd’hui un changement dans les modes de consommation, l’apparition un peu partout du terme « consomm’acteur » (acteur de sa consommation), en est une preuve.

Cela pousse donc irrémédiablement les entreprises à évoluer, à être « propres » dans un premier temps, mais surtout demain, à être « utiles », car aujourd’hui, tout laisse présager qu’être « responsable » ne suffira plus.

La crise aura donc eu un mérite : celui de révéler les excès d’un système capitaliste focalisé sur la maximisation du profit. Les dérives de la finance peuvent finalement contribuer à remettre en lumière des motivations plus profondes chez l’homme : vouloir répondre à des enjeux environnementaux et/ou sociétaux.

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Mais au fait, c’est quoi l’entrepreneuriat social ?

Le contexte de la crise rend encore plus pertinentes certaines initiatives cherchant à concilier logique économique et objectif sociétal.

Loin de faire disparaître les fondements du capitalisme, elles ont pour ambition de les compléter.

C’est éminemment le cas du « social business », nouvelle forme d’entreprise développée par le groupe bangladais Grameen, créé par Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit et Prix Nobel de la paix en 2006.

Ce qui ressort de manière significative de l’expérience des entrepreneurs sociaux, c’est la remise en cause des modes de pensée et de fonctionnement habituels pour bâtir leurs « business model » innovants. Chez eux, on peut observer une démarche similaire : un blocage est identifié puis une solution est apportée, solution issue d’un raisonnement nouveau, d’une approche différente du problème ou d’un renversement de la manière de voir les choses. En sortant ainsi du schéma de pensée habituel, les entrepreneurs sociaux créent des modèles économiques totalement nouveaux.

A titre d’exemple, qui avait pensé à embaucher des serveurs non-voyants pour leurs compétences avant le restaurant « Dans le Noir ? » ? Aujourd’hui, ce restaurant permet de faire vivre à ses clients, une expérience inédite.

Albert Einstein disait : « il nous est impossible de résoudre nos problèmes en utilisant la même manière de penser que celle que nous avions lorsque nous les avons créés ».

C’est la force des entrepreneurs sociaux, s’affranchir des contraintes que sont les schémas de penser « classique » (admis par tous) et de la routine sociale et économique.

L’entrepreneuriat social s’impose comme un enjeu social et économique important, en France comme dans l’Union européenne ou dans le reste du monde. Depuis environ 25 ans, une nouvelle idée de l’entrepreneuriat alliant performance économique et utilité sociale enregistre une forte croissance et connaît des perspectives de développements prometteuses. De plus en plus de personnes tournent le dos aux schémas établis et cherchent à inventer de nouvelles formes d’organisation. Ils y trouvent plus de liberté, plus d’efficacité et un engagement plus productif.

De réelles différences entre entrepreneuriat et entrepreneuriat social ?

Mais au final, les points communs entre l’entrepreneuriat social et l’entrepreneuriat traditionnel sont légions. Les qualités humaines des entrepreneurs, le goût du risque, l’implication, l’objectif de pérennité, les réseaux, les créations de valeurs, les méthodes, les outils, la croyance dans la capacité humaine à faire évoluer les systèmes et sociétés…

L’entrepreneuriat social ne serait-il pas, en fin de compte, une forme simplement plus élaborée de l’entrepreneuriat traditionnel, parce que plus complexe à mettre en œuvre ? N’en serait-il pas une version plus aboutie, car plaçant « l’humain » au cœur de ses préoccupations ?

La semaine du Développement Durable, vers un monde plus responsable ?

Du 30 mai au 5 juin prochain c’est, comme chaque année depuis 2015, la semaine du Développement Durable. Cette semaine est souvent l’occasion pour les « Services RSE » des entreprises, de se distinguer. De montrer à leurs salariés et au reste du monde que, elles aussi, œuvrent pour « faire le bien ».

Ethik Connection propose par ailleurs aux entreprises, la mise en place d’actions packagées en lien avec le Développement Durable et la RSE.

Pour autant, ces entreprises peuvent-elles se déclarer « sociales » ?

Autant éluder la question rapidement et ce, de manière franche et directe : non, la Responsabilité Sociétale des Entreprises et les pratiques qui en découlent ne font pas des entreprises qui la pratique, des entreprises sociales.

Entre une entreprise qui met en œuvre des pratiques de RSE et une entreprise sociale, la principale différence réside donc dans son objet-même, dans la finalité première de l’entreprise.

Cependant, l’une et l’autre appartiennent bien au même mouvement qui incite à mêler à l’économie, des préoccupations éthiques, sociales, sociétales et durables.