Danse et Handicap : une rencontre porteuse de sens, un art inclusif incomparable

Qui peut affirmer n’avoir jamais dansé dans sa vie ? Avant même de savoir marcher, les enfants sentent le besoin de danser. De nombreux danseurs et danseuses comme Pina Bausch ou Paul Taylor ont dansé jusqu’à leur mort. Et pourtant, les personnes en situation de handicap ne sont que très peu représentées dans la danse.

Tout le monde danse !

La « thérapie corporelle » est souvent mentionnée lorsque l’on rapproche danse et handicap mais quid du potentiel créatif des personnes en situation de handicap ? N’y aurait-il pas de place pour une rencontre porteuse de sens ?

La danse contemporaine, art inclusif par excellence

A la fin du 20e siècle, un peu partout dans le monde, naissent de nombreux mouvements qui cherchent à se libérer de la danse stricte et régulée. De chorégraphies bien définies, on passe à des formats plus libres, nourris de l’improvisation, que chaque corps peut interpréter différemment.

Hors des normes et des limites, développer sa langue, sa danse

Ainsi, dans ces danses contemporaines, la technique laisse place à l’émotion, l’homogénéité des corps à leur diversité. On ne cherche plus le corps beau et muet mais le corps vivant, le corps qui parle, qu’il murmure ou qu’il hurle.

La quête du danseur, de la danseuse devient alors une aventure en dedans de soi, une tentative d’habiter son corps, dans toutes ces aspérités, ses spécificités, ses étrangetés.

Parler de handicap ne fait alors plus sens. Tous les corps possèdent leur propre danse, leur propre langage. Kazuo Ōno (1906-2010), un des fondateur de la danse butô, a dansé jusqu’à l’âge de 70 ans. Il était en fauteuil à la fin de sa vie. Pour danser, son fils le portait, Kazuo utilisait ses bras, parfois juste ses expressions du visage. C’est un des plus grands danseurs contemporains.

Enfin, en invitant à habiter son corps, la danse permet de sublimer les handicaps, d’en faire des parties du corps comme les autres.

Dans le court métrage « Si tu le veux » Nathan, atteint d’arthrogrypose danse le hip-hop avec autant de virtuosité que son ami d’enfance Lou, valide. Le handicap s’efface très vite devant leur talent et leur complicité.

En danse, cet objectif est inversé. Ce qui va être recherché c’est le geste involontaire, le mouvement accidentel, la posture inhabituelle. C’est tous les rapports valides-invalides qui se trouvent inversés. Les corps valides deviennent des corps normés et les corps « différents » deviennent des corps libres, aptes à explorer de nouveaux espaces de créativité.

Depuis que j’anime ces ateliers, je réalise à quoi sert la danse. Mes élèves, ce sont eux qui m’apprennent ! 

Isis Vansteersthemprofesseure de danse pour personnes en situation de handicap

Un regard neuf sur la danse et le handicap

Finalement, via la danse, c’est un regard neuf que l’on porte sur le handicap. Un regard libéré, qui embrasse la différence comme une source de créativité, et le corps comme espace d’épanouissement unique. En bougeant les corps, la danse n’invite-t-elle pas à bouger les codes ?

De nombreux collectifs utilisent la scène pour faire évoluer les mentalités à propos du handicap.

Les compagnies de danse inclusive Candoco et Dé(s)équilibres  furent toutes deux crées par des danseuses en fauteuil.

En  2004, le chorégraphe japonais Saburo Teshigawara, a proposé un spectacle Prélude for dawn , créée pour et par de jeunes aveugles.

Ces collectifs nous montrent, au-delà des mots, que le langage des émotions est un langage que nul handicap ne peut brimer.

Pour la SEEPH, dansez les yeux fermés.
Une sensibilisation au handicap originale

Ethik Connection travaille depuis quelques années avec Fabienne Haustant, fondatrice de l’association « Danse les yeux fermés ». Fabienne, non-voyante, passionnée par la danse, a décidé de faire de son handicap visuel une force. En nous guidant dans une danse les yeux fermés, elle nous transmet le plaisir de danser et nous invite à :

  • poser un nouveau regard sur le handicap visuel ;
  • décupler les autres sens et de se recentrer sur soi ;
  • mieux ressentir et appréhender la musique ;
  • améliorer la confiance en soi.

Ainsi, pour la SEEPH 2019, proposez à vos équipes une expérience sensorielle unique et leur permettant une plongée à l’écoute de leur corps. Fabienne les initiera à des exercices d’expression corporelle les yeux bandés. Par le son de la voix, les participant.e.s apprennent des gestes simples pour améliorer leur bien-être au quotidien et libérer leurs corps et leur créativité.

Une sensibilisation originale, positive et impactante au handicap !

Pour aller plus loin :

Un annuaire des associations et compagnies de danse qui allient diversité, inclusion et créativité.

Un ouvrage qui aborde « les expériences culturelles « hors normes ». Il jette un pont entre deux mondes qui se rencontrent rarement et montre que l’art, irréductible aux théories, aux concepts et autres constructions de la seule pensée, est avant tout un concentré de chair. »