Bandeau de l'article sur le bilan de la cinquième conférence nationale du handicap

Compte rendu de la Cinquième Conférence nationale du handicap (CNH) du 11 février 2020

En cette matinée du 11 février 2020 s’est tenue la 5 ème édition de la Conférence nationale du handicap à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron. Une date symbolique puisque cette conférence a lieu 15 ans après la mise en vigueur de la loi handicap du 11 février 2005.

La cinquième Conférence nationale du handicap : sur les traces de Jacques Chirac

La loi du 11 février 2005 a été instaurée par Jacques Chirac considéré encore aujourd’hui comme le « Monsieur handicap » de la République. Cette loi portait sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » (voir notre article «  Le handicap sans chichis ni compromis »). 15 années plus tard, Emmanuel Macron poursuit les efforts de son prédécesseur en prenant de nouvelles mesures qu’il classe en trois objectifs.

Jacques Chirac

 La scolarisation des enfants handicapés

En septembre 2020, le gouvernement souhaite qu’ « aucun enfant ne soit sans solution de scolarisation ». Lors de cette Conférence nationale du handicap, il est question de renforcer les rangs des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Ainsi, 11 500 postes supplémentaires seront créés d’ici 2020. De plus, Emmanuel Macron souhaite accompagner les enseignants à travers la mise en place d’un module de formation au handicap intégré à leur formation initiale.

Au sujet des enfants autistes, le diagnostic précoce des enfants entre 0 et 6 ans va être étendu jusqu’à 12 ans et toujours sans aucun frais pour les familles. Emmanuel Macron souhaite d’ailleurs mettre un place un diagnostic sur la base des mêmes conditions pour les enfants DYS. Une mesure qui sera effective au 1er janvier 2021. Une Maison de l’autisme devrait voir le jour en tant qu’organisme de référence.

La réflexion s’étend également sur l’enseignement supérieur sur la base d’un constat encourageant : en 2 ans, le nombre d’étudiants en situation de handicap a doublé sur les bancs des établissements du supérieur. Toutefois, des mesures restent à prendre pour faciliter le parcours des étudiants handicapés dans l’enseignement supérieur.

Sophie Cluzel et Emmanuel Macron

Faciliter les démarches administratives pour éviter la fuite à l’étranger

En 2021, Emmanuel Macron ne souhaite qu’ « aucune personne handicapée ne soit laissée seule dans la recherche de solution ». En admettant que les démarches administratives sont bien souvent rébarbatives pour les familles et la prise de renseignement laborieuse, le gouvernement met en place un numéro d’appel unique national à partir de janvier 2021. Une fois le 360 composé, les personnes pourront poser toutes les questions relatives à l’accès aux droits et ainsi avoir les renseignements nécessaires relatifs à leurs problématiques liées au handicap.

Un autre temps fort de cette nouvelle Conférence nationale du handicap : la valorisation du droit à l’accès à l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). À partir de janvier 2021, le gouvernement assure le traitement des demandes d’accès dans un délai de 3 mois maximum. Emmanuel Macron a d’ailleurs confirmé que l’AAH ne serait en aucun cas supprimée ou remplacée par l’affectation du Revenu universel d’activité.

Le président de la République prend en considération la problématique la pénurie du nombre de places d’hébergement dans les instituts. Chaque année, 500 personnes en situation de handicap quittent la France pour l’étranger pour faute de place libre. À la fin de 2021, plus personne ne devra partir sous la contrainte. La solution : créer 1 000 places supplémentaires et 2 500 places passerelles.

Permettre à chacun d’avoir une vie digne et libre

Selon Emmanuel Macron, avoir une vie digne et livre gravite autour de trois indicateurs : l’accès à l’emploi, l’accessibilité et l’accès au droit d’être parent.

C’est un fait : en 2018, le taux de chômage des personnes handicapées est 2 fois plus élevé (18 %) que la moyenne nationale (9 %). Cette donnée ne faiblit pas malgré les règles mises en place, notamment celle d’embaucher plus de 6 % de personnes handicapées pour les entreprises de plus de 20 salariés. Dans le cas où cette règle n’est pas respectée, une pénalité financière s’applique. Toutefois, le taux d’emploi direct des personnes en situation de handicap est de 3,5 % dans le secteur privé en 2017. À travers la stratégie pour l’emploi des personnes en situation de handicap #OsonsLEmploi, le gouvernement prend très à cœur ce sujet.

En ce qui concernant l’accessibilité, Emmanuel Macron milite pour la société inclusive et accessible. Il appelle l’ensemble des candidats aux élections municipales à placer le sujet de l’accessibilité au cœur de leur programme. Il parle d’ailleurs de « communes inclusives ». La communication accessible devient alors une des solutions à envisager.

Enfin, à compter du 1er janvier 2021, les prestations de vie humaine et d’aide technique apportées aux parents d’enfants handicapés seront intégrées à la Prestation de compensation du handicap (PCH).

Emmanuel Macron termine son allocution sur la réforme des retraites en soutenant qu’elle ne remet pas en cause la possibilité pour les travailleurs handicapés de partir plus tôt à la retraite sans décote.